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Longines : le sablier ailé de Saint-Imier

En 1832, le village de Saint-Imier accueille Auguste Agassiz, fils de pasteur et originaire d’Agiez, petit village situé à quelques kilomètres au sud du lac de Neuchâtel. Auguste Agassiz s’est établi à Saint-Imier pour s’associer à Florian Morel et Henri Raiguel dans leur magasin d’horlogerie « Le comptoir Raiguel Jeune ». Le magasin commercialisait alors des montres assemblés par des horlogers à leurs propres domiciles selon le mode de production de l’établissage.

Situation géographique de Saint-Imier

© Copyright : cartographie Google Maps

La naissance de la marque

En 1833, le comptoir passe sous la direction d’Auguste Agassiz pour devenir « Agassiz et compagnie ». La compagnie tisse des liens commerciaux à l’international pour exporter ses montres vers d’autres continents, en l’occurence vers l’Amérique. Affaibli par la maladie, Agassiz lègue l’entreprise à son filleul, Ernest Francillon, en 1852. Ernest Francillon se rend compte petit à petit que l’organisation de la production par l’établissage ne lui permettra pas de répondre à la demande croissante du marché. Il prend alors la décision de construire une manufacture de manière à pouvoir produire des modèles en série tout en garantissant leur précision. En 1866, son choix se porte sur un terrain situé le long de la rivière Suze : les Longines, c’est là l’origine de la marque éponyme.

Le sablier ailé

En 1867, Ernest Francillon se voit remettre un prix à l’Exposition Universelle de Paris pour le mouvement 20A, premier mouvement de la manufacture estampillé « Longines ». Devant le succès grandissant de ses modèles, Ernest Francillon décide d’associer dès 1874 un sablier ailé au sigle « Longines » afin de lutter contre les copies.

On peut associer au sablier ailé plusieurs significations :

  • le sablier représente le temps qui passe, les heures et les jours qui s’égrènent,
  • les ailes peuvent transporter le temps vers d’autres territoires géographiques (symbole dans ce cas des ambitions internationales de la marque déjà à l’époque),
  • elle peuvent également aider le sablier à traverser le temps et les époques (symbole dans ce cas de la volonté de pérenniser la marque),
  • enfin, le sablier ailé est également un symbole funéraire relativement répandu : il est alors représenté avec des ailes d’anges, de colombes ou de chauve-souris. Rattaché à la symbolique de la mort, il peut signifier dans ce cas une libération de l’âme des contraintes du temps. On y associe également la notion de « divin » dans la mesure où le sablier représente l’âme qui est libérée de son enveloppe charnelle pour retourner auprès de Dieu.

Il est probable qu’il y ait encore d’autres explications à trouver mais quelle que soit la signification retenue, toutes témoignent de l’ambition d’Ernest Francillon pour la marque de Saint-Imier.

Soucieux de protéger son patrimoine, Ernest Francillon dépose la marque Longines à Berne en 1880 à l’Office Fédéral de la Propriété Intellectuelle. Il dépose ensuite le sablier ailé en 1889. En 1893, la protection est étendue au niveau international.

Longines, l’esprit pionnier

Maison horlogère Longines à Saint-Imier

Longines à Saint-Imier
© Copyright : 1 Montre 1 Histoire

Ernest Francillon fait partie des premiers entrepreneurs à avoir compris les enjeux de la protection d’une marque et de ses brevets. Avec bientôt 125 ans d’existence, Longines est l’une des plus anciennes marques répertoriées dans le registre de l’Organisation Mondiale de la Protection Intellectuelle. C’est également l’une des premières marques à avoir utiliser un symbole graphique pour véhiculer son identité.

Longines s’est également distingué en s’imposant très rapidement comme un acteur majeur du chronométrage sportif. En 1896 à Athènes, Longines est le tout premier chronométreur officiel des Jeux Olympiques modernes.

Dès 1919, Longines entame une longue collaboration avec le monde de l’aéronautique en devenant le chronométreur officiel de la Fédération Internationale d’Aéronautique. Ce statut particulier permettra à Longines d’être associé aux exploits de Charles Lindbergh en 1927 et d’Amelia Earhart en 1932, respectivement le premier homme et la première femme à avoir réalisé la traversée de l’Atlantique en solitaire.

Pour en savoir plus :
Longines Lindbergh angle horaire

Alexandre DUBS, 06/03/2013