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L’horlogerie et la première Guerre Mondiale

2014 marque le centenaire du début de la Première Guerre Mondiale. Au début de la guerre, la montre gousset est encore très largement répandue. Ces montres ont en effet la réputation d’être fiables et relativement précises. La Guerre 14 – 18 change un peu la donne. Sur le champ de bataille, la montre gousset représente un risque majeur : en cas d’impact, tous les éléments qui la composent deviennent autant de projectiles qui menacent l’intégrité physique de leur propriétaire. Portées au poignet, les montres sont bien plus pratiques pour les soldats et les pilotes. Pour palier au problème de sécurité, certaines marques comme Girard Peregaux et Omega équipent les boîtiers de leurs premières montres-bracelets d’une grille de protection. La guerre va par conséquent accélérer le développement des montres-bracelets et va solliciter l’industrie horlogère au niveau mondial.

La montre, un outil indispensable aux armées

Sur le terrain, les montres sont principalement utilisées pour synchroniser les actions militaires collectives. Elles sont d’une importance capitale pour les différentes armées engagées dans le conflit. Les besoins des armées en garde-temps sont tels qu’un certain nombre de manufactures comme Vacheron & Constantin ou Ulysse Nardin doivent se résoudre à sous-traiter une partie de leur production de calibres. C’est donc la filière horlogère toute entière qui est sollicitée. Les commandes les plus importantes proviennent des armées américaines (Corps of Engineers) et britanniques. Elles considèrent que les montres doivent faire partie de l’équipement d’un soldat.

Pour pouvoir fournir une armée, les marques horlogères doivent répondre aux cahier des charges les plus strictes. Parmi les marques sélectionnées par les armées américaines et britanniques, on retrouve : Hamilton, Vacheron Constantin, Ulysse Nardin, Rolex, Zénith, Movado, IWC, Ingersoll, etc … L’armée allemande et l’armée française portent moins d’importance aux montres.

Certaines marques horlogères de renom trouvent également leur place à bord des avions en tant qu’instruments de bord (altimètres, tachymètres, compte-tours, etc …) ou au poignet des pilotes. Parmi ces marques on retrouve Zenith ainsi que Jeager et LeCoultre qui étaient déjà partenaires mais pas encore associés.

Après la guerre : l’héritage militaire

Celle que l’on surnomme la Grande Guerre a laissé son empreinte dans l’industrie horlogère. Elle a favorisé, ou du moins accéléré, l’adoption des montres-bracelets par le grand public. Elle a également mis certaines marques sur le devant de la scène ; être fournisseur officiel d’une armée est gage de qualité et d’excellence.

Même le célèbre modèle Tank de Cartier est issu de la Première Guerre Mondiale. En effet, son design est directement inspiré des chars d’assaut de Renault avec leur forme rectangulaire et leurs chenilles latérales. Ce modèle fut conçu en 1917 mais ne fut commercialisé par la marque qu’après la fin de la guerre.

Le monde militaire a toujours inspiré les manufactures horlogères. La plupart des marques intègre aujourd’hui dans leur catalogue une collection qui lui est dédiée.

 

Crédits image (carte géographique) :

Carte Wikimédia Commons

Alexandre DUBS, 09/02/2014